Claude GIORGI

GIORGI Claude

La nouvelle série des bronzes du sculpteur Claude Giorgi s’inspirent des  « gueules cassées » comme on dirait « survivre » ou « faire face » Il dénonce la sauvagerie destructrice dans sa pratique d’assemblage. L’artiste n’a jamais combattu au front mais travaille sans relâche à rendre compte des ravages de la guerre dans son atelier. Hurler tête haute fait penser à cette phrase de Picasso : «  l’art n’est pas fait pour décorer les appartements, c’est une arme défensive ou offensive contre l’ennemi.»

Et cet art là peut et doit rendre hommage aux survivants, du blessé,  du bosselésde l’infirmité, du difforme , de l’intimité et du désordre.  Ces déboulonnés, pour une juste cause, se sont infirmés au plus profond du matériau en y laissant traces et empreintes.  Au noble métier de sculpteur, l’assembleur Claude Giorgi troque un instant celui du panseur infirmier pour supplémenter, boucher les trous, refermer les plaies, suturer et redonner forme au difforme. Sublimant l’atroce du martyr en représentation, les faces fracturées offrent leur contenant intime béant, ce qui les rend touchantes et fragiles à la fois.  Le geste additif, complète et remplace le geste soustractif du conflit, il contredit l’absurdité de la destruction par la reconstruction voir la reconstitution d’humanité par l’art. Il recherche en même temps de protéger l’extérieur par la liberté d’expression. Il utilise toutes  les nouvelles voies possibles, un peu provocateur, il veut nous amener à réfléchir sur les fondements même de la répétition du fait créatif.

N’hésitons pas à le dire ces « gueules cassées » là ont tranché dans le vif, elles ont mis en scène leur pudeur en prenant comme médium visuel une sculpture pudique et populaire et elles ont choisi un des meilleurs témoin par sa pratique artistique, Claude Giorgi, manipulant inlassablement l’imaginaire populaire. Ses objets simples, tuyaux, boulons, cagettes, clous, comme simples empreintes du souvenir sont maintenant devenues  hommage, par le bronze fier comme de l’or.

Alexandra Allard février 2016.

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